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Communiqué de presse d’Act Up Sud-Ouest (ex- Act Up Toulouse) : le 30 octobre 2008
Christian Saout cire t-il « les crocs roses » de Roselyne Bachelot ?
Pour le Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS) et son président Christian Saout, le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » va dans le bon sens. Suite au communiqué de presse du CISS diffusé le 16 octobre 2008, Christian Saout persiste et signe dans un entretien accordé au journal Libération, publié le 22 octobre 2008 ; et se positionne ouvertement comme le représentant des usagers du système de santé. Alors que depuis plusieurs semaines, des associations de malades, dont certaines sont membres du CISS, manifestent, contre ce projet de loi aux côtés des syndicats et du personnel hospitalier, Mr Saout s’octroie le droit de savoir et de parler au nom de tous, sans respecter la parole des premiers concernés. Dans le communiqué du 16 octobre, le CISS explique qu’il soutien ce projet « tout simplement parce qu’il propose une nouvelle organisation d’un système de santé qui ne réussit plus à atteindre l’objectif constitutionnel d’égalité d’accès aux soins ». Mr Saout ajoute, dans Libération que « ce projet s’attaque à la question essentielle de l’organisation des soins. Cela peut déplaire aux professionnels de santé qui aimeraient au mieux le statu quo, ou au pire le laisser aller ». Sans expliquer les changements majeurs proposés par le projet, Christian Saout se fait défenseur de l’accès aux soins ; au passage, il met en cause la qualité du travail d’une catégorie de praticiens hospitaliers. Mr Saout doit être naïf, amnésique ou vivre sur une autre planète. En dépit de quelques points intéressants, la philosophie globale de ce projet de Loi correspond en effet au démantèlement et à la privatisation de notre système de santé. Pour rappel, en 2004, le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy, après avoir supprimé le système du médecin référent et la dispense d’avance de frais pour les malades (et instauré le forfait à 1euros) impose le projet Hôpital 2007, bientôt suivi du projet Hôpital 2012, mettant en faillite l’ensemble des hôpitaux par l’application de la Tarification à l’activité (la T2A). Les conséquences sont la restriction du personnel hospitalier et la dégradation de leurs conditions de travail ; pour les usagers cela se traduit par la diminution du temps de consultation, l’augmentation des délais de rendez-vous, la fermeture totale ou partielle de certains services. L’application de la T2A a un effet clairement néfaste sur la qualité des soins et l’accès aux soins. Les projets Hôpital 2007 et 2012 sont les instruments d’une volonté politique visant à mettre en difficultés l’hôpital public, de manière à démontrer qu’il ne remplit plus ses missions et qu’il convient donc de « l’achever » par une énième réforme. La place sera alors totalement libre pour les prestataires privés désireux d’investir dans la santé. Le projet « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » va accélérer la privatisation de l’hôpital public, par la mise en concurrence du public avec le privé. En remplaçant le conseil d’administration de l’hôpital par « un conseil de surveillance », c’est la démocratie sanitaire et sociale qui disparaît au profit d’une gestion techno-libérale. Ce système est renforcé par la mise en place d’un directeur « patron » à la tête d’un « directoire » dont il nomme tous les membres. Au lieu de lutter contre le désert sanitaire, ce texte, s’il est appliqué, va l’accélérer en entraînant la fermeture partielle ou définitive d’un grand nombre d’hôpitaux de proximité et en plaçant les grands hôpitaux « dans le rouge » par simple effets de « vase communicant » (report des usagers vers les grands centres). En conclusion, tout le monde ne peut qu’être d’accord avec l’invocation du CISS: « agissons positivement pour façonner une nouvelle organisation de notre système de santé » mais force est de constater que des divergences doivent exister sur la méthode : le projet de loi « Hôpital, Patient, Santé et Territoire » est un outil de destruction du système de santé solidaire qui s’ajoute à l’arsenal déjà employé depuis quelques années (franchises, forfaits, T2A…). Parce que les usagers ont besoin de représentants critiques et non « naïf » face à une certaine politique, Act Up Sud-Ouest demande aux associations membres du CISS d’exprimer librement leur position sur le projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire. Contact presse : Guy MOLINIER – tel : 05 61 14 18 56 – 06 18 41 20 99
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