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Nous lançons aujourd’hui un questionnaire sur l’accès aux soins, afin de mobiliser l’opinion publique, les usagers, les politiques, sur l’état de notre système de santé, et l’urgence du combat pour sauver la sécu.
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université d'été du parti socialiste
31-08-2008
 

Atelier 15 : Santé, sécurité sociale, retraites : le débat droite / gauche

La politique de la droite ne convainc personne. L’inégalité sociale et territoriale devant la santé s’accroît. Les déserts médicaux se sont étendus. Les renoncements aux soins ont malheureusement eu tendance à se multiplier, alors que déjà 14 % de la population hésitent à se soigner pour des raisons financières. Les dépassements d’honoraires s’intensifient, dans un contexte de déficit des comptes sociaux.

Pascal Terrasse introduit la réunion en se félicitant de la forte affluence du nombre de camarades dans la salle. Il présente ensuite les intervenants de la table ronde. Jérôme Cahuzac, Claude Evin, Jean Le Garrec, Jean-Marie Le Guen, Claude Pigement, Marisol Touraine et Michel Yahiel.

Marisol Touraine souhaite se consacrer à la question posée : le débat droite / gauche et regrette que notre système de santé n’apporte plus de diminution des inégalités. Il faut savoir dépasser les stéréotypes, la gauche n’est pas passéiste, conservatrice, ni et dépensière face à une droite libérale, qui s’adapte. Les franchises médicales, les déremboursements censés apporter l’équilibre financier, n’apportent qu’injustice et remettent en cause le pacte républicain. Contrairement à ce que l’on pense le PS n’est pas dans la contemplation mais s’inscrit dans l’esprit du Conseil National de la Résistance, fondé sur la solidarité et la prise en compte des risques et des aléas de le vie sur un mode collectif.

Jean Le Garrec constate que Nicolas Sarkozy est bien dans la rupture avec des choix effectués à la Libération. Il procède à une vraie transformation régressive du système. A ses yeux, les chiffres de la commission des comptes de la sécurité sociale indiquent un déficit de plus de 9 milliards d’euros, dont 5,6 milliards d’euros pour la branche vieillesse et plus de 4 milliards d’euros pour l’assurance maladie. Les objectifs de la réforme Douste-Blazy qui prévoyait un retour à l’équilibre en 2007 est définitivement hors de portée. Le déficit de l’assurance-vieillesse ne cesse de se creuser depuis 2004. Dans le domaine des retraites, tout indique que la priorité concernant l’emploi des seniors n’existe pas. Dans ces conditions la volonté d’allongement de la durée de cotisation n’a pas de sens.

Claude Pigement fait un point sur les questions sur lesquelles le Parti socialiste va se positionner à la rentrée. Le PLFSS 2009 ainsi que le projet de loi « santé, patients, territoires ». Il constate que globalement, en France, en cas de maladie ou d’accident grave, la prise en charge est satisfaisante. Il existe une politique conventionnelle entre l’assurance maladie et les professionnels de santé libéraux même ci-elle fonctionne de manière incertaine. Cela dit, il faut rappeler que la France consacre 11 % de son PIB à la santé et en moyenne 76 % des dépenses de santé sont couvertes par la sécurité sociale. Pourtant, il existe de fortes inégalités d’accès aux soins et devant la santé en terme social et territorial. De plus, l’hôpital public est en crise : étranglement financier avec près d’1 milliard d’euros de déficit. En réalité on demande à l’hôpital public d’être à la fois un pôle d’excellence et une assistante sociale sans lui donner les moyens de cette double fonction. Malheureusement des lits ferment et des services disparaissent sans véritable clarification des choix sanitaires et d’aménagement du territoire. Le système de santé est balkanisé entre la ville et l’hôpital, entre la médecine générale et la médecine spécialisée, entre le sanitaire et le social. Le système est trop complexe ; la médecine de ville relève de l’assurance maladie, l’hôpital de l’Etat, et le médico-social du département.

Claude Evin partage cette analyse et souhaite que les questions de santé soient au cœur du projet socialiste. Les enjeux de santé pour le pays sont triples : les enjeux de santé publique (prévention, recherche, etc), les enjeux financiers et les enjeux organisationnels. La vraie question à se poser et de savoir quel « service public de santé nous voulons ? » Pour cela il nous faut renforcer la démocratie sanitaire, organiser un véritable service public de santé, apporter les bonnes réponses à la gouvernance du système. Les choix techniques sont au cœur de la réalisation authentique de nos objectifs politiques.

Jean-Marie Le guen pense que la santé et l’éducation sont les valeurs fondamentales des socialistes aujourd’hui. On peut reprocher à la droite son incapacité à mettre en œuvre les réformes fondamentales. La droite s’inscrit dans une vision de privatisation (clinique, rapport en médecin /patient) et clientéliste. La gauche doit repenser le système de santé et revoir ses concepts. La politique de santé est un processus long, c’est un investissement national et international, au niveau économique et au niveau social. Le Parti doit imposer son propre agenda et interpeler les Français. Il devrait également poser la question de l’avenir de la médecine libérale et de son éventuel dépassement.

Jérôme Cahuzac s’interroge sur le financement de la santé. Il faut se mettre d’accord sur les principes. Nous devons « graver dans le marbre » le principe de solidarité mais accepter dans le même temps que les politiques publiques soient transformées. La réflexion branche par branche ne nous n’interdit pas de réajuster un mode de financement injuste et de moins en moins progressiste (bouclier fiscal, franchises médicales, déremboursements).

Michel Yahiel indique qu’il n’existe pas de remède miracle au financement des régimes sociaux en général et de l’assurance-maladie en particulier. Les pistes et les solutions ne sont pas nombreuses, d’autant qu’il convient de combiner la recherche de mesures financièrement « rentables », compte tenu de ce contexte financier catastrophique avec des modes de prélèvements plus équitables. Il s’agit aussi de réguler notre système par l’offre de soins et non par la demande. Il refuse de stigmatiser les seuls assurés et plus encore de tourner le dos aux fondements solidaires de notre système social, en imposant des franchises de remboursement au plus grand nombre. La démocratie sanitaire est l’un des grands terreaux de la démocratie citoyenne. La santé pour tous n’a de sens que dans un cadre pleinement citoyen. L’avenir dépendra de notre capacité collective à financer durablement le système de sécurité sociale.

Un échange s’ouvre avec la salle. Plusieurs interrogations concernent les retraites et la mise en place du cinquième risque, le financement de la santé, l’organisation et la proximité des soins ainsi que la riposte politique et parlementaire du Parti socialiste. Le problème du vieillissement et du retour inquiétant à la pauvreté de nombreuses personnes âgées est également évoqué. Pascal Terrasse remercie ensuite les participants pour leurs interventions et clôt la réunion.

 
 
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