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Nous lançons aujourd’hui un questionnaire sur l’accès aux soins, afin de mobiliser l’opinion publique, les usagers, les politiques, sur l’état de notre système de santé, et l’urgence du combat pour sauver la sécu.
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envoyé  a Bruno-Pascal CHEVALIER
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Bruno SPIRE, Pdt AIDES Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
09-01-2008
ImageBonjour Bruno-Pascal,
L’année 2008 a bien mal commencé. Avec la mise en place des franchises médicales, le principe de solidarité de la Sécurité sociale a pris un nouveau coup comme vous le montrez bien. Ces nouvelles franchises vont encore aggraver la situation financière de très nombreux malades. Parce qu’ils sont atteints d’une pathologie, quelle qu’elle soit, les malades vont devoir payer encore plus pour accéder au soins, alors qu’ils sont très nombreux, comme vous le savez, à vivre déjà sous le seuil de pauvreté. Cette injustice s’accompagne de lourdes menaces, qui deviennent aujourd’hui une réalité visible, pour l’accès aux soins.
Pendant plusieurs mois, nous nous sommes battus contre le projet des franchises médicales. Nous avons expliqué sans relâche qu’elles étaient la mesure de trop, qu’elles risquaient d’éloigner des soins celles et ceux qui en avaient besoin mais qui n’avaient pas les moyens de les assumer. Le gouvernement, les parlementaires de la majorité sont restés sourds à nos communiqués de presse, nos manifestations, les témoignages des malades. Les parlementaires de l’UMP avec lesquels nous avons pu échanger ont choisi d’approuver les franchises même après que nous leur ayons montré l’importance de 50 euros pour le budget d’un malade du sida. Ils ont souvent parlé, comme Roselyne Bachelot, de responsabiliser les malades. Vous avez certainement été autant choqué que nous en entendant ça. A l’injustice s’est ajouté le mépris. Nous comprenons bien que la décision courageuse que vous avez prise en votre âme et conscience et qui vous appartient est due à ce mépris et à la surdité de la majorité de nos parlementaires.
Sachez pourtant que nous ne lâchons pas l’affaire. Le grand débat national sur le reste à charge promis par Nicolas Sarkozy sera pour nous l’occasion de faire entendre la voix des malades. Nous redirons, comme nous l’avons fait avant le vote des franchises, ce qu’est la réalité de ce reste à charge. Nous redirons que le reste à charge actuel des personnes atteintes par le VIH n’est pas compatible avec une politique de santé publique digne de ce nom.
Nous avons aussi d’autres combats à venir. Nous espérons de tout cœur que la décision que vous avez prise ne vous empêchera pas de les mener avec nous.
Solidairement,
Bruno Spire, Président de AIDES
 

Franchises: les séropositifs, déjà précarisés, premières victimes selon Aides

Aides réagit à l'annonce du Président de la République sur les franchises médicales. "Avec l'affectation des économies réalisées à des plans de lutte contre le cancer, la maladie d'Alzheimer et les soins palliatifs, il est désormais établi que ce seront les malades qui paieront pour les malades" estime l'association.
"C’est une rupture inacceptable dans les principes de solidarité qui unissent aujourd’hui l’ensemble des Français par la mutualisation des risques entre bien-portants et malades" explique Aides.

Pour l'association de lutte contre le sida, "ces franchises vont particulièrement viser ceux dont la maladie, comme le sida ou les hépatites virales, nécessite de nombreux bilans et une surveillance rapprochée, impose le recours répété au médecin et aux technologies de soins, même pendant la phase asymptomatique. Pour eux, très vite dans l’année, le plafond de 50 € sera atteint".

Aides souligne que les personnes atteintes de maladies graves, au long cours, seront plus fortement frappées par cette mesure, alors même que leurs revenus sont déjà affectés par la maladie.

Au-delà de ces impacts matériels et financiers Aides se dit "choquée" de prétendre "responsabiliser" les personnes malades en augmentant le poids des frais de santé dans leur budget.

Concrètement, l'annonce de l'exonération des "revenus modestes" limitée aux bénéficiaires de la CMU et de l’AME font que les personnes percevant l'AAH (allocation aux adultes handicapés), déjà considérées comme "trop riches" pour avoir droit à la CMU complémentaire, seront aussi avec 621€ de revenu par mois, "trop riches" pour être exonérées des franchises, explique Aides dans une réaction publiée le 1er août.

"Les franchises sont une mesure injuste, affectant surtout les personnes les plus malades et les moins fortunées, une mesure qui met à mal la solidarité nationale" conclut Aides.
 
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