Comment aider ?
Vous avez signé la pétition, laissé un message de soutien mais vous souhaitez apporter davantage ? Nous lançons aujourd’hui un questionnaire sur l’accès aux soins, afin de mobiliser l’opinion publique, les usagers, les politiques, sur l’état de notre système de santé, et l’urgence du combat pour sauver la sécu. :RUBRIQUE QUESTIONNAIRE envoyé a Bruno-Pascal CHEVALIER 17 Résidence Bois-Pommier
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01-11-2008 |
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Votre mutuelle va augmenter Les mutuelles ne veulent pas être les vaches à lait, alors que l'Etat compte sur elles pour combler le trou de la sécu. A la recherche de nouvelles recettes pour éponger le déficit de 8,9 milliards d'euros, le projet de loi de financement de la sécurité sociale de 2009 (PLFSS) lorgnait sur leurs deniers. Le texte, discuté depuis ce mardi à l'Assemblée nationale, prévoyait d'augmenter la taxe qui les vise. Ce jeudi, les députés ont voté cette proposition. La taxe sur les complémentaires santé finance une partie de la couverture maladie universelle (CMU). Elle va passer de 2,5 à 5,9% de leur chiffre d'affaire. «Les mutuelles font tant de bénéfices... Il est temps qu'elles contribuent à la Sécurité sociale», justifie Bernard Debré (UMP). A gauche, on dénonce un «mauvais coup» porté aux assurés sociaux, tandis que Martine Billard (Verts) prédit «une augmentation à terme des cotisations des complémentaires». Des cotisations en hausse de 4 à 5%Contacté par 20minutes.fr, le Dr Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la Mutualité française, confirme: «certaines mutuelles pourront éviter d'augmenter en 2009, pour les autres, les augmentations pour prendre en charge cette nouvelle taxe seront de l'ordre de 4 à 5% des cotisations». Il déplore par ailleurs le fait que «sur 1,4 milliard d'euros de nouvelles recettes prévues par le PLFSS 2009, 1 milliard viendront des complémentaires santé». Il prévient par ailleurs que, si la taxe était reconduite en 2010, «toutes les mutuelles seront contraintes de le répercuter sur leurs cotisations». Les «classes moyennes» les plus touchéesJean-Martin Cohen Solal déplore son impuissance. «En tant que fédération des mutuelles, explique-t-il, nous ne pouvons que demander à nos mutuelles de ne pas répercuter trop lourdement cette augmentation sur les cotisations». Il rappelle au passage que leurs adhérents sont «principalement issus des classes moyennes, déjà touchées par la baisse du pouvoir d'achat». Amer, il constate que ce sont les mauvais élèves qui sont punis. «On remarque, en ces temps de crise financière, que les organismes bien gérés sont taxés tandis qu'on aide les banques dont la gestion est montrée du doigt». AFPTV ¦ Mutuelles et assurances seront taxées en 2009. Durée: 0mn41. |
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30-10-2008 |
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Communiqué de presse d’Act Up Sud-Ouest (ex- Act Up Toulouse) : le 30 octobre 2008
Christian Saout cire t-il « les crocs roses » de Roselyne Bachelot ?
Pour le Collectif Interassociatif Sur la Santé (CISS) et son président Christian Saout, le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » va dans le bon sens. Suite au communiqué de presse du CISS diffusé le 16 octobre 2008, Christian Saout persiste et signe dans un entretien accordé au journal Libération, publié le 22 octobre 2008 ; et se positionne ouvertement comme le représentant des usagers du système de santé. Alors que depuis plusieurs semaines, des associations de malades, dont certaines sont membres du CISS, manifestent, contre ce projet de loi aux côtés des syndicats et du personnel hospitalier, Mr Saout s’octroie le droit de savoir et de parler au nom de tous, sans respecter la parole des premiers concernés. Dans le communiqué du 16 octobre, le CISS explique qu’il soutien ce projet « tout simplement parce qu’il propose une nouvelle organisation d’un système de santé qui ne réussit plus à atteindre l’objectif constitutionnel d’égalité d’accès aux soins ». Mr Saout ajoute, dans Libération que « ce projet s’attaque à la question essentielle de l’organisation des soins. Cela peut déplaire aux professionnels de santé qui aimeraient au mieux le statu quo, ou au pire le laisser aller ». Sans expliquer les changements majeurs proposés par le projet, Christian Saout se fait défenseur de l’accès aux soins ; au passage, il met en cause la qualité du travail d’une catégorie de praticiens hospitaliers. Mr Saout doit être naïf, amnésique ou vivre sur une autre planète. En dépit de quelques points intéressants, la philosophie globale de ce projet de Loi correspond en effet au démantèlement et à la privatisation de notre système de santé. Pour rappel, en 2004, le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy, après avoir supprimé le système du médecin référent et la dispense d’avance de frais pour les malades (et instauré le forfait à 1euros) impose le projet Hôpital 2007, bientôt suivi du projet Hôpital 2012, mettant en faillite l’ensemble des hôpitaux par l’application de la Tarification à l’activité (la T2A). Les conséquences sont la restriction du personnel hospitalier et la dégradation de leurs conditions de travail ; pour les usagers cela se traduit par la diminution du temps de consultation, l’augmentation des délais de rendez-vous, la fermeture totale ou partielle de certains services. L’application de la T2A a un effet clairement néfaste sur la qualité des soins et l’accès aux soins. Les projets Hôpital 2007 et 2012 sont les instruments d’une volonté politique visant à mettre en difficultés l’hôpital public, de manière à démontrer qu’il ne remplit plus ses missions et qu’il convient donc de « l’achever » par une énième réforme. La place sera alors totalement libre pour les prestataires privés désireux d’investir dans la santé. Le projet « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » va accélérer la privatisation de l’hôpital public, par la mise en concurrence du public avec le privé. En remplaçant le conseil d’administration de l’hôpital par « un conseil de surveillance », c’est la démocratie sanitaire et sociale qui disparaît au profit d’une gestion techno-libérale. Ce système est renforcé par la mise en place d’un directeur « patron » à la tête d’un « directoire » dont il nomme tous les membres. Au lieu de lutter contre le désert sanitaire, ce texte, s’il est appliqué, va l’accélérer en entraînant la fermeture partielle ou définitive d’un grand nombre d’hôpitaux de proximité et en plaçant les grands hôpitaux « dans le rouge » par simple effets de « vase communicant » (report des usagers vers les grands centres). En conclusion, tout le monde ne peut qu’être d’accord avec l’invocation du CISS: « agissons positivement pour façonner une nouvelle organisation de notre système de santé » mais force est de constater que des divergences doivent exister sur la méthode : le projet de loi « Hôpital, Patient, Santé et Territoire » est un outil de destruction du système de santé solidaire qui s’ajoute à l’arsenal déjà employé depuis quelques années (franchises, forfaits, T2A…). Parce que les usagers ont besoin de représentants critiques et non « naïf » face à une certaine politique, Act Up Sud-Ouest demande aux associations membres du CISS d’exprimer librement leur position sur le projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire. Contact presse : Guy MOLINIER – tel : 05 61 14 18 56 – 06 18 41 20 99 |
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28-10-2008 |
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social - économie Pour le retrait du projet BachelotSanté . Les comités de défense des hôpitaux de proximité préparent une mobilisation nationale. Quelques jours après la présentation par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, de son projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoire », la Coordination des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a tenu, samedi et dimanche, à Luçon (Vendée), une rencontre nationale des plus stimulante, selon ses organisateurs. Issus de la centaine de comités désormais recensés sur tout le territoire - un nombre en augmentation régulière -, quelque 150 délégués ont participé aux débats, précédés, vendredi, d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes dans les rues de Luçon. Le projet Bachelot a été passé au scanner, et le diagnostic du mouvement est sans appel : « On veut livrer l’hôpital public au privé », résume Françoise Nay, porte-parole du mouvement. « Nous demandons le retrait du projet », ajoute-t-elle, évoquant la menace aggravée qu’il fait peser sur le devenir des structures de proximité. La Coordination plaide pour « des sites territoriaux de proximité, avec au minimum la maternité, la chirurgie, le SMUR et la cardiologie », précise son président, Michel Antony. Elle envisage une campagne nationale, jusqu’à la mise en débat du texte de Mme Bachelot au Parlement, afin de « faire pression » sur les élus locaux et nationaux. Elle proposera au collectif de lutte contre les franchises médicales, animé par Bruno-Pascal Chevalier et Christian Lehman, et à la Convergence des services publics de s’y associer. La bataille pour l’hôpital public pourrait rassembler très largement, si l’on en juge aussi par le soutien apporté à la Coordination, samedi à Luçon, par des représentants de nombreux partis, associations et syndicats (PS, PCF, LCR, Alternatifs, ATTAC, CGT, SUD, etc.). Y. H. |
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11-09-2008 |
Hôpital : une réforme à haut risqueCoups de bistouri sur l’hôpital. Voici décryptés, analysés et commentés les points les plus saillants de la future loi « Hôpital, patients, santé, territoire » par les principaux acteurs de terrain. Une entreprise ultra libérale de déconstruction tout azimut de la santé pour tous. Garantir l’accès à des soins de qualité à l’ensemble de la population » : Telle est la volonté affichée du gouvernement dans son projet de loi baptisé « Hôpital, patients, santé, territoire ». On ne peut qu’être d’accord avec un tel postulat. Sauf que, les quatre chapitres et trente articles de cette réforme mettent en musique les propositions les plus libérales des rapports préparatoires à la loi. Le texte décrypté point par point avec les commentaires de plusieurs acteurs de terrain : Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Pierre Faraggi, président de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH), Nadine Prigent, secrétaire générale de la CGT Santé, Yohann Wayolle, chargé de mission auprès de l’Association des petites villes de France (APVF), Michel Anthony, président de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Olivier Veran, vice-président de l’Isnih (Inter syndicat national des internes des hôpitaux), Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), Pascal Menguy, vice-président de MG France (syndicat de médecins généralistes), Benoît Elleboode, président de l’Isnih (Inter syndicat national des internes des hôpitaux), Philippe Foucras, membre du Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins (Comegas), la Fédération hospitalière de France (FHF) et la fédération syndicale FO. Dossier réalisé par Alexandra Chaignon TITRE I : MODERNISATION DES ETABLISSEMENTS DE SANTEDirectement inspiré du rapport Larcher sur les missions de l’hôpital, ce volet préfigure un nouveau paysage hospitalier avec de nouvelles règles. Il instaure un hôpital calqué sur le modèle des entreprises, avec un directeur « patron », à la tête d’un directoire. Proposition phare de ce texte : le regroupements d’hôpitaux autour d’un établissement principal pour un soit disant meilleur maillage territorial. Ce chapitre donne aussi la possibilité aux cliniques privées à but lucratif d’assurer des « missions de service public » et de participer à des « groupements de coopération sanitaire ». Des propositions qui rejoignent la démonstration faite par Nicolas Sarkozy lors de son discours sur l’hôpital en avril : « Le service public hospitalier, c’est une mission plus qu’un service ». Pour résumer, ce chapitre donne tous les outils pour fermer, concentrer, fusionner, privatiser le public au dépend de la qualité et de la proximité. Article 1 : privatisation hôpital public Philosophie : Certaines des missions des établissements de santé doivent évoluer. Ainsi, la permanence des soins hospitalière ne peut plus rester l’apanage des seuls établissements publics. Il importe que celle-ci soit organisée en fonction des besoins de la population du territoire de santé. Il est ainsi proposé que l’ensemble des missions de service public puissent être assurées par tous les établissements de santé quel que soit leur statut, y compris communautés hospitalières de territoire et groupements de coopération sanitaire. Texte de loi : Article L. 6112-2 : « Lorsqu’une ou plusieurs des missions de service public ne sont pas assurées sur un territoire de santé, l’agence régionale de santé désigne en tant que de besoin parmi les établissements mentionnés au premier alinéa, celui ou ceux qui en sont chargés, selon des modalités fixées par décret en Conseil d’Etat. » (cf article L. 6112-1) Commentaires : Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) : « C’est la privatisation pure et simple de l’hôpital public. La loi hôpital 2007 avait déjà conduit les hôpitaux dans une impasse, créant des dysfonctionnements majeurs. Dans ce nouveau schéma, on rentre complètement dans la course à la rentabilité, où le malade n’est plus qu’une donnée économique. C’est le faire part de décès définitif du service public hospitalier. » Article 5 : Représentativité et Conseil de surveillance Philosophie : Désormais, un conseil de surveillance remplace le conseil d’administration. Ses compétences sont recentrées sur la définition de principes, d’orientations stratégiques et sur des fonctions de contrôle. Le conseil de surveillance exerce un contrôle sur l’ensemble de l’activité de l’établissement. Texte de loi : Article L. 6143-5 : « Le conseil de surveillance est composé comme suit : Au plus quatre représentants des collectivités territoriales (…) ; au plus quatre représentants du personnel médical et non médical, deux désignés par le CTE et deux désigné par la CME. » Commentaires : Nadine Prigent, secrétaire générale de la CGT Santé : « Exit la démocratie sanitaire et sociale à l’hôpital. Aujourd’hui, on est présent dans les instances décisionnelles au regard de notre représentativité. Avec l’instauration de conseil de surveillance, on ne représentera plus son organisation syndicale mais le CTE (comité technique d’établissement). Sans parler que celui-ci n’a plus de pouvoir. On est à l’opposé des valeurs de service public et de ce qu’il faudrait pour regagner la confiance et la motivation des personnels. Une réforme n’associant pas ses personnels, les élus et les usagers est vouée à l’échec. » Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) : « En remplaçant le conseil d’administration, dont le président est le maire de la ville, par un conseil de surveillance, Roselyne Bachelot donne un camouflet aux élus de la République. Et si l’élu de la nation n’a plus de droit de regard sur l’hôpital, qui est le déversoir de tous les maux de notre société, où va-t-on ? Toute part démocratique et transparente de l’hôpital disparaît au profit d’une gestion techno-libérale. » Yohann Wayolle, chargé de mission auprès de l’Association des petites villes de France (APVF) : « On regrette la disparition des conseils d’administration présidés par les maires. Avec les conseils de surveillance, tout est encore flou : quel sera la place et le poids accordé aux élus ? Les élus des petites villes auront-ils une place ? » Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) : « Passer de trois représentants des usagers à l’hôpital, c’est un peu court. Il faudrait revenir à deux. C’est une question de démocratie sanitaire. » Article 6 : Un super « patron » d’hôpital Philosophie : Le pilotage des hôpitaux publics doit être facilité par le renforcement des pouvoirs et de l’autonomie du chef d’établissement : président du directoire, le directeur se voit confier la pleine responsabilité de l’établissement de santé. Le conseil exécutif devient un directoire, doté de compétences larges en matière de gestion et présidé par le chef d’établissement. Texte de loi : Article L. 6143-7. – « Le directeur de l’établissement conduit la politique générale de l’établissement. Il préside le directoire et représente l’établissement dans tous les actes de la vie civile et agit en justice au nom de l’établissement. (…) Le président du directoire dispose d’un pouvoir de nomination dans l’établissement. Il nomme dans leur emploi les directeurs adjoints et les directeurs des soins de l’établissement. Sur proposition du chef de pôle lorsqu’il existe, et après avis du président de la commission médicale d’établissement, il propose au directeur général du centre national de gestion la nomination des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques mentionnés au 1° ( ???) de l’article L. 6152-1. Le président du directoire est ordonnateur des dépenses et des recettes de l’établissement. » Commentaires : Nadine Prigent : « On met en place un hôpital calqué sur le modèle des entreprises capitalistiques, avec un directeur patron à la tête d’un directoire dont il nomme tous les membres. L’hôpital est réduit à un simple outil de production de soin avec un super patron. Pierre Faraggi (CPH) : « En instaurant, comme le préconisait le président de la République, un seul patron, on caporalise le corps médical. Certes, il est là pour diriger. Mais à l’hôpital, les décisions et orientations doivent être partagées entre les instances dirigeantes et le corps médical. Ce qui n’est pas le cas avec ce projet de loi. De plus, après une succession de réformes coûteuses et chronophages, c’est relance l’hôpital dans une révolution culturelle dont il n’a pas besoin pendant que le privé peut continuer de gagner des parts de marché. C’est bien de vouloir rendre l’hôpital compétitif, mais avec cette organisation interne, le gouvernement prévoit tout à l’envers. » Article 9 : Précarisation des médecins Philosophie : Cet article crée un nouveau statut contractuel destiné à « renforcer l’attractivité de l’hôpital public pour les médecins » et à offrir « de nouvelles perspectives d’exercice et de rémunération aux praticiens désireux de s’impliquer activement dans la vie de l’hôpital ». En pratique, les rémunérations seront modulées sur la base d’objectifs et d’engagements individuels du praticien, notamment d’activité. La rémunération du praticien comportera une part fixe, et une part variable en fonction du degré de réalisation des objectifs définis chaque année. Texte de loi : L’article L. 6152-1 du code de la santé publique est ainsi modifié : « Ces dispositions réglementaires prévoient notamment la possibilité pour les établissements publics de santé de recruter des praticiens contractuels cliniciens, pharmaciens ou odontologistes hospitaliers dont la rémunération comprend des éléments variables en fonction d’engagements particuliers et de la réalisation d’objectifs quantitatifs et qualitatifs. L’établissement peut mettre fin au contrat au terme de la première année en cas d’insuffisance de la réalisation des objectifs. » Commentaires : Pierre Faraggi, président de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH) : « Ce n’est pas en proposant aux jeunes médecins des contrats contractuels précaires que l’on va inciter les jeunes à venir à l’hôpital. L’effet risque d’être inverse. » Patrick Pelloux, : « C’est la fin du statut de praticien hospitalier. Leur statut plus souple, ajouté à la promotion du directeur au rang de « patron » de l’hôpital, risque de transformer le service public hospitalier en une entreprise de santé dont les objectifs seraient purement financiers. D’ailleurs, en imposant un contrat d’objectif et de moyens, dont on ne sait pas pour l’instant sur quoi il se basera, on accélère cette course à la rentabilité. Et en faisant appel à des médecins libéraux, on va vers la privatisation du système. » Olivier Veran, vice-président de l’Isnih (Inter syndicat national des internes des hôpitaux) : « On nous promet de conserver le choix. Mais rien n’est sûr. Quant aux contrats d’objectif, on ne sait pas de quoi il retourne : S’agit-il de T2A ? Du nombre de patients accueillis ? On n’est pas opposé sur le principe, mais on demeure méfiant. » Article 11 : Des regroupements synonymes de menaces Philosophie : Le présent article vise à créer des communautés hospitalières de territoire (CHT), dont la taille et les moyens sont censés permettre « de mieux répondre aux besoins des populations d’un territoire en favorisant une plus grande souplesse d’organisation et de gestion ». La communauté hospitalière de territoire doit permettre à plusieurs établissements de se fédérer pour mettre en commun leurs ressources dans une logique de délégation de compétences. Une communauté d’établissement peut être crée à l’initiative de ses membre ou sur injonction de l’agence régionale de santé. Est inscrit dans ce chapitre que les établissements membres peuvent prévoir de « modifier la répartition de leurs activités ». Entendez suppression d’activité probable pour de nombreux hôpitaux locaux. Texte de loi : Article L. 6132-2. : « Une communauté hospitalière de territoire est un établissement public de santé qui se voit déléguer des compétences par plusieurs établissements publics de santé adhérents, en vue de mettre en oeuvre une stratégie commune et de mutualiser certaines fonctions et activités. » Article L. 6132-7. : « Après avis des conseils de surveillance des établissements adhérents et de la communauté hospitalière de territoire, le directeur de la communauté hospitalière de territoire peut décider des transferts de compétences et d’autorisations d’activités de soins et d’équipement matériel lourd entre les établissements adhérents à la communauté hospitalière de territoire, ou entre ces établissements et la communauté hospitalière de territoire, dans le respect du schéma régional de l’organisation des soins et des dispositions de l’article L. 6122-3. » Commentaires : Pierre Faraggi : « Cela pose un problème d’arbitrage entre établissements, dont certains vont perdre leur autonomie. Pour l’instant, il n’y a ni règle, ni outil concernant la mise en place de ces communautés hospitalières. » Nadine Prigent : « Ce qui se profile, c’est un hôpital tête de pont par département, avec autour des hôpitaux filialisés où il ne restera qu’un peu de médecine et un accueil d’urgence minimal. Les établissements pourront être volontaires, mais l’ARS pourra imposer ces regroupements. Et cette dernière pourra aussi décider de mettre sous tutelle les établissements qui ne rentrent pas dans les clous. On est dans une logique très autoritaire. C’est à l’opposé de ce que représente l’hôpital, qui est un condensé d’humanité. Je ne sais pas si le gouvernement mesure l’écart entre ce milieu et un tel dispositif de carotte et de bâton. Et tout ça pour des économies d’échelle… » Michel Anthony, président de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité : « Il y a peu de différence avec les propositions du rapport Larcher. En attendant, le plus grand flou persiste sur les communautés hospitalières et la manière dont devraient se mettre en place les réseaux hospitaliers. Ce qui est sûr, c’est que cette mutualisation de moyens va se traduire par une restriction de l’offre sanitaire aux populations. Si l’Etat prônait vraiment un aménagement égalitaire du système de soins, il commencerait par arrêter la casse actuelle pour faire le point et faire des propositions. Or c’est l’inverse qui se passe. Carhaix, Lésignan, Juvisy… Partout les menaces continuent. Yohann Wayolle : « L’APVF n’est pas opposée aux regroupements, à condition qu’ils ne cachent pas une politique de recomposition : vider les petits hôpitaux de leur substance et programmer leur disparition. L’organisation doit répondre à trois principes : accessibilité, complémentarité et subsidiarité. A savoir qu’à coût et niveau de sécurité équivalent, un nombre important d’actes peut être effectué dans de petits hôpitaux. » Fédération hospitalière de France (FHF) : « Le cadre des incitations n’est pas très bien défini. » Article 12 : Coopération public/privé Philosophie : Le groupement de coopération sanitaire constitue le mode de coopération privilégié entre établissements de santé publics et privés et permet également les coopérations avec les professionnels de santé libéraux ou le secteur médico-social. Il permet de mutualiser des moyens ou d’exercer en commun une activité autorisée sur un ou plusieurs territoires de santé, et à l’échelle d’une ou plusieurs régions. Textes de loi : Article L. 6133-4. : « Le groupement de coopération sanitaire comprend au moins deux membres, dont un établissement de santé. Un groupement de coopération sanitaire peut être constitué entre des établissements de santé de droit public ou de droit privé, des établissements médico-sociaux mentionnés à l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles, ainsi que des professionnels médicaux libéraux, à titre individuel ou sous forme de société collective. » Article L. 6131-2. : « Aux fins mentionnées à l’article L. 6131-1, le directeur général de l’agence régionale de santé peut demander à un ou plusieurs établissements publics de santé : 1° De conclure une convention de coopération ; 2° De créer une communauté hospitalière de territoire, un groupement de coopération sanitaire, ou un groupement d’intérêt public ;3° De prendre une délibération tendant à la création d’un nouvel établissement public de santé par fusion des établissements concernés. (…) Dans la mesure où sa demande ne serait pas suivie d’effet, le directeur de l’agence régionale de santé peut, (…) prendre les mesures appropriées pour que les établissements concluent une convention de coopération, adhèrent à un réseau de soins ou créent un groupement de coopération sanitaire, un groupement d’intérêt public, ou prononcer la fusion des établissements publics de santé concernés. Il peut également prendre un arrêté prononçant la création d’une communauté hospitalière de territoire et fixant la liste des établissements publics de santé la composant ainsi que le contenu de sa convention constitutive. » Commentaires : Nadine Prigent : « En simplifiant le support juridique des groupements de coopération sanitaire, le gouvernement se donne tous les outils technique pour restructurer l’hôpital à grande échelle. » Patrick Pelloux : « Avec ces procédures simplifiées de coopération, tout ce qui est rentable risque d’être transféré au privé quand cela n’a pas été déjà fait. Et on laisse au public les pauvres, les vieux, les maladies les plus lourdes et donc les plus coûteuses… En bref, on empêche l’hôpital de s’enrichir. » Titre II : ACCES DE TOUS A DES SOINS DE QUALITECôté positif, ce texte confirme le rôle d’acteur pivot du médecin généraliste. Il prévoit également de lutter contre la discrimination en renforçant les sanctions à l’égard des praticiens qui refuseraient de soigner un patient sans raison valable. En dehors de ces deux chapitres, ce volet se limite à un recueil de bonnes intentions, sans réelles mesures concernant la démographie médicale, la régulation et l’installation des médecins ou encore la rémunération à l’acte. Article 14 : Mission du médecin généraliste Philosophie : Le présent article a pour objet de définir une organisation du système de santé basée non pas sur l’offre, mais sur les besoins de santé de la population. Afin d’articuler l’offre de soins présente au niveau local, cet article précise la définition du rôle particulier du médecin généraliste de premier recours en tant qu’acteur pivot, le plus souvent médecin traitant. Texte de loi : Article L. 1411-11. : « Les soins (de premier recours, ndlr) comprennent : « 1° La prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des maladies et des affections courantes ; 2° La dispensation et l’administration des médicaments, produits et dispositifs médicaux ; 3° En tant que de besoin, l’orientation dans le système de soins et le secteur médico-social ; 4° L’éducation pour la santé. » Article L.4130. : « Les missions du médecin généraliste de premier recours sont notamment les suivantes : 1° Contribuer à l’offre de soins ambulatoire sur un territoire, en assurant, y compris dans les établissements de santé et médico-sociaux, la prévention, le dépistage, le diagnostic et le traitement des maladies et des affections courantes et l’éducation pour la santé pour ses patients ; 2° Orienter ses patients, selon leurs besoins, dans le système de soins et le secteur médicosocial ; 3° S’assurer que la coordination des soins nécessaire à ses patients est effective ; 4° Veiller à l’application individualisée des protocoles et recommandations pour les affections nécessitant des soins prolongés et contribuer au suivi des maladies chroniques, en coopération avec les autres intervenants participant à la prise en charge du patient ; 5° Assurer la synthèse des informations transmises par les différents intervenants et la tenir à leur disposition ; 6° Contribuer aux actions de prévention et de dépistage sur le territoire ; 7° Participer à la permanence des soins dans des conditions fixées à l’article L. 6314-1. » Commentaires : Pascal Menguy, vice-président de MG France (syndicat de médecins généralistes) : « L’esprit de loi rappelle la nécessité de l’accès aux soins pour tous. Et pour la première fois, nos missions de médecins généralistes sont inscrites dans la loi. » Article 15 : Démographie médicale Philosophie : Ce texte revient sur le constat d’inégalité d’accès aux soins, qui résulte d’une « mauvaise répartition des professionnels de santé sur le territoire » et d’une « absence de répartition du flux des étudiants dans les régions », selon les spécialités et en fonction des besoins. Le gouvernement propose de développer une « vision pluriannuelle et organisée aux niveaux national et régional des dispositifs de détermination du numerus clausus, d’ouverture des postes aux épreuves classantes nationales et d’offres de post internat. Texte de loi : Article L. 632-2 : « Un arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur et du ministre chargé de la santé détermine pour une période de cinq ans le nombre d’internes à former annuellement par spécialité et par subdivision territoriale, compte tenu de la situation de la démographie médicale dans les différentes spécialités concernées et de son évolution au regard des besoins de prise en charge spécialisée. Commentaires : Benoît Elleboode, président de l’Isnih (Inter syndicat national des internes des hôpitaux) : « Sur le volet de la médecine ambulatoire, on a un peu l’impression de rester sur notre faim. Il n’y a pas grand-chose de concret sur les mesures permettant de combler les inégalités d’accès aux soins. On aurait pu penser que davantage de propositions faites lors des états généraux de l’organisation de la santé seraient reprises, comme la création d’un guichet unique en région. Rien non plus de concret sur l’installation. Et la loi ne parle à aucun moment de moyens. Un certain nombre de choses vont sans doute dépendre du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2009, dont on se méfie davantage. » Fédération hospitalière de France (FHF) : « La solution retenue pour remédier à la démographie médicale est très minimale. C’est bien de les former des médecins là où il y a des besoins, mais s’ils peuvent aller où ils veulent après, cela va créer de plus en plus de dysfonctionnements. C’est pourtant une question clé. La répartition des médecins est source de beaucoup de dérives. » Article 17 : Limiter les refus de soins Philosophie : Face au phénomène de refus de soins, dont sont victimes, principalement, les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), ce texte ambitionne d’interdire « très clairement » la discriminations « pour raisons financières ou sociales ». Parmi les mesures proposées : instauration d’une présomption de preuve en faveur des assurés et pénalités financières pour les médecins fauteurs. Texte de loi : Article L. 1110-3 : « Toute personne qui s’estime victime d’un refus de soins illégitime présente, à l’autorité ou à la juridiction compétente, notamment au directeur de l’organisme local d’assurance maladie, les faits qui permettent d’en présumer l’existence. » Article L.162-1-14-1 : « Peuvent faire l’objet d’une sanction, prononcée par le directeur de l’organisme local d’assurance maladie, les professionnels de santé contribuant à restreindre l’accès aux soins de la population : Article L.162-1-14 : « La sanction, prononcée après avis de la commission et selon la procédure prévue à l’article pourra consister en : - une pénalité financière forfaitaire, dans la limite de deux fois le plafond mensuel de la sécurité sociale ; - une pénalité financière proportionnelle aux dépassements facturés ou en cas de récidive, un retrait temporaire du droit à dépassement ou une suspension de la participation des caisses aux cotisations sociales telle que prévue au 5° de l’article L 162-14-1. « Les sanctions prononcées en vertu du présent article font l’objet d’un affichage au sein des locaux de l’organisme local d’assurance maladie et peuvent être rendues publiques dans les publications, journaux ou supports désignés par le directeur de l’organisme local. » Commentaires : Philippe Foucras, membre du Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins (Comegas) : « Que les patients puissent porter plainte et que ce soit aux professionnels d’apporter la preuve qu’ils ne discriminent pas est une bonne chose. Ce qui est aussi intéressant, c’est qu’on s’attaque au portefeuille des médecins. C’est beaucoup plus dissuasif que les menaces ordinales. Le côté place publique et mise au pilori n’est peut être pas très moral mais pourrait avoir également un effet dissuasif. Sauf qu’il y a de fortes chances que cet article ne soit quasiment pas appliqué. D’une part, il est probable que les caisses seront peu sollicitées, les patients ayant autre chose à faire que de porter plainte. D’autre part, je vois mal la Sécu aller chercher des poux dans la tête des médecins. De plus, dans ce schéma, la Sécu se retrouve juge et arbitre, ce qui n’est pas sans inconvénient. Pour résumer : cet article est un catalogue de bonnes intentions, mais qui n’iront pas plus loin. CE qu’il faudrait, c’est travailler en amont et faire de la formation auprès des médecins sur le thème de la prise en charge des populations précaires. TITRE III : Population et préventionUn chapitre qui affiche des objectifs de santé publique louables, mais qui vont se confronter à la réalité des moyens disponibles. Article 23 : Education thérapeutique du patient Philosophie : Cet article rappelle que dans un contexte de développement des maladies chroniques, l’éducation thérapeutique du patient est une nécessité, « pour la pleine efficacité du système de santé de demain ». D’où l’importance d’inscrire ces pratiques dans le code de la santé publique. Texte de loi : Article L.3911-1 : « L’éducation thérapeutique fait partie intégrante de la prise en charge du patient et de son parcours de soins. » Article L.3911-4. : « L’agence régionale de santé s’assure du maillage territorial de l’offre en éducation thérapeutique du patient tant en ville qu’à l’hôpital. » Commentaires : Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss) : « L’esprit de la loi nous convient, mais on n’a pas obtenu gain de cause sur tous les sujets. Ainsi, nous avions demandé la création d’un fonds pour l’éducation thérapeutique. Au final, il n’y a rien. Alors que le paris de demain, c’est de répondre aux besoins de santé des gens. Le problème aujourd’hui, c’est que lorsque l’on sort du cabinet de médecin, on n’a pas de feuille de route. Il manque un protocole de soins individualisé sur l’accompagnement du patient. » Titre IV : Des ARS aux super pouvoirsPhilosophie : Ce chapitre créé l’outil politique dans les territoires pour mener à bien mutualisations et économies. Il transfère les compétences de la Sécurité sociale aux directeurs des agences régionales de santé (ARS), dotés de tous les pouvoirs. Ces ARS auront également des prérogatives en matière de « gestion du risque », un champ qui relève de l’assurance maladie. La mise en place d’ARS pourrait faire l’objet d’ordonnance, une procédure qui permettrait au pouvoir exécutif d’élaborer et de faire adopter directement une partie du texte sans une discussion au parlement comparable à celle qu’aura lieu pour d’autres articles de loi. Texte de loi : Article L. 1431-2. : « L’agence régionale de santé est compétente, dans les conditions définies par le présent titre, en matière de : « 1° Politique de santé publique, au sens de l’article L. 1411-1 ; 2° Soins ambulatoires et hospitaliers ; 3° Prises en charge et accompagnements dans les établissements et services médico-sociaux visés aux articles L. 314-3-1 et L. 314-3-3 et au a du 5° du I de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles ; 4° Professions de santé. » Article L. 1431-3. : « Pour la réalisation de ses missions, et dans le cadre de ses compétences, l’agence : 1° Organise et met en oeuvre l’observation, la surveillance et l’analyse des états de santé et des situations de handicaps et de perte d’autonomie ; 2 Contribue à l’identification et à la réduction des risques liés aux déterminants des états de santé et des situations de handicaps et de perte d’autonomie ; 3° Organise l’offre de services en santé et définit, finance et évalue des actions visant à promouvoir la santé, à éduquer la population à la santé et à prévenir les maladies, les handicaps et la perte d’autonomie ; 4° Organise et met en oeuvre la veille sanitaire, organise le recueil et le traitement de tous les signalements d’événements sanitaires, ainsi que, dans le respect des attributions des représentants de l’Etat compétents, la gestion de la réponse aux alertes sanitaires. Elle contribue à la gestion des situations de crise sanitaire ; 5° Oriente et organise l’offre de services en santé en fonction des besoins en soins et en services médico-sociaux et des exigences d’efficience. » Commentaires : Nadine Prigent : « Alors que le gouvernement critique le soit disant hospitalo-centrisme, il crée des ARS super patron qui vont concentrer tous les pouvoirs. Il faut noter qu’en plus, elles vont contractualiser la gestion du risque en plus. On peut craindre que les Cram se voient retirer des responsabilités dans le domaine de la santé publique. Et que les DASS et Drass soient menacées de disparition. » FO : « La mise en place prochaine des ARS remet en cause les structures de l’assurance maladie qui pourrait se traduire par un démantèlement du réseau. Le ministère n’a tenu aucun compte de ce qui lui a été dit au fil des mois, dans ce qui apparaît maintenant comme de pseudo-concertations. » Pierre Faraggi : « Les ARS peuvent être positives dans la mesure où elle propose un gestion simplifiée de l’ensemble du système de santé, mais à condition qu’en face d’un préfet sanitaire tout puissant, il y ait un contre pouvoir. Ce qui ne semble pas être le cas. » Olivier Veran : « Il est important de centraliser le système de santé au niveau régional, mais des questions persistent : quelle sera la place et l’étendue de la prise de décision des professionnels de santé dans ces instances ? Et on ne peut que regretter l’absence complète d’implication des jeunes. Pourtant, on aimerait être entendu. » |
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université d'été du parti socialiste |
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31-08-2008 |
| | La politique de la droite ne convainc personne. L’inégalité sociale et territoriale devant la santé s’accroît. Les déserts médicaux se sont étendus. Les renoncements aux soins ont malheureusement eu tendance à se multiplier, alors que déjà 14 % de la population hésitent à se soigner pour des raisons financières. Les dépassements d’honoraires s’intensifient, dans un contexte de déficit des comptes sociaux.
Pascal Terrasse introduit la réunion en se félicitant de la forte affluence du nombre de camarades dans la salle. Il présente ensuite les intervenants de la table ronde. Jérôme Cahuzac, Claude Evin, Jean Le Garrec, Jean-Marie Le Guen, Claude Pigement, Marisol Touraine et Michel Yahiel. Marisol Touraine souhaite se consacrer à la question posée : le débat droite / gauche et regrette que notre système de santé n’apporte plus de diminution des inégalités. Il faut savoir dépasser les stéréotypes, la gauche n’est pas passéiste, conservatrice, ni et dépensière face à une droite libérale, qui s’adapte. Les franchises médicales, les déremboursements censés apporter l’équilibre financier, n’apportent qu’injustice et remettent en cause le pacte républicain. Contrairement à ce que l’on pense le PS n’est pas dans la contemplation mais s’inscrit dans l’esprit du Conseil National de la Résistance, fondé sur la solidarité et la prise en compte des risques et des aléas de le vie sur un mode collectif. Jean Le Garrec constate que Nicolas Sarkozy est bien dans la rupture avec des choix effectués à la Libération. Il procède à une vraie transformation régressive du système. A ses yeux, les chiffres de la commission des comptes de la sécurité sociale indiquent un déficit de plus de 9 milliards d’euros, dont 5,6 milliards d’euros pour la branche vieillesse et plus de 4 milliards d’euros pour l’assurance maladie. Les objectifs de la réforme Douste-Blazy qui prévoyait un retour à l’équilibre en 2007 est définitivement hors de portée. Le déficit de l’assurance-vieillesse ne cesse de se creuser depuis 2004. Dans le domaine des retraites, tout indique que la priorité concernant l’emploi des seniors n’existe pas. Dans ces conditions la volonté d’allongement de la durée de cotisation n’a pas de sens. Claude Pigement fait un point sur les questions sur lesquelles le Parti socialiste va se positionner à la rentrée. Le PLFSS 2009 ainsi que le projet de loi « santé, patients, territoires ». Il constate que globalement, en France, en cas de maladie ou d’accident grave, la prise en charge est satisfaisante. Il existe une politique conventionnelle entre l’assurance maladie et les professionnels de santé libéraux même ci-elle fonctionne de manière incertaine. Cela dit, il faut rappeler que la France consacre 11 % de son PIB à la santé et en moyenne 76 % des dépenses de santé sont couvertes par la sécurité sociale. Pourtant, il existe de fortes inégalités d’accès aux soins et devant la santé en terme social et territorial. De plus, l’hôpital public est en crise : étranglement financier avec près d’1 milliard d’euros de déficit. En réalité on demande à l’hôpital public d’être à la fois un pôle d’excellence et une assistante sociale sans lui donner les moyens de cette double fonction. Malheureusement des lits ferment et des services disparaissent sans véritable clarification des choix sanitaires et d’aménagement du territoire. Le système de santé est balkanisé entre la ville et l’hôpital, entre la médecine générale et la médecine spécialisée, entre le sanitaire et le social. Le système est trop complexe ; la médecine de ville relève de l’assurance maladie, l’hôpital de l’Etat, et le médico-social du département. Claude Evin partage cette analyse et souhaite que les questions de santé soient au cœur du projet socialiste. Les enjeux de santé pour le pays sont triples : les enjeux de santé publique (prévention, recherche, etc), les enjeux financiers et les enjeux organisationnels. La vraie question à se poser et de savoir quel « service public de santé nous voulons ? » Pour cela il nous faut renforcer la démocratie sanitaire, organiser un véritable service public de santé, apporter les bonnes réponses à la gouvernance du système. Les choix techniques sont au cœur de la réalisation authentique de nos objectifs politiques. Jean-Marie Le guen pense que la santé et l’éducation sont les valeurs fondamentales des socialistes aujourd’hui. On peut reprocher à la droite son incapacité à mettre en œuvre les réformes fondamentales. La droite s’inscrit dans une vision de privatisation (clinique, rapport en médecin /patient) et clientéliste. La gauche doit repenser le système de santé et revoir ses concepts. La politique de santé est un processus long, c’est un investissement national et international, au niveau économique et au niveau social. Le Parti doit imposer son propre agenda et interpeler les Français. Il devrait également poser la question de l’avenir de la médecine libérale et de son éventuel dépassement. Jérôme Cahuzac s’interroge sur le financement de la santé. Il faut se mettre d’accord sur les principes. Nous devons « graver dans le marbre » le principe de solidarité mais accepter dans le même temps que les politiques publiques soient transformées. La réflexion branche par branche ne nous n’interdit pas de réajuster un mode de financement injuste et de moins en moins progressiste (bouclier fiscal, franchises médicales, déremboursements). Michel Yahiel indique qu’il n’existe pas de remède miracle au financement des régimes sociaux en général et de l’assurance-maladie en particulier. Les pistes et les solutions ne sont pas nombreuses, d’autant qu’il convient de combiner la recherche de mesures financièrement « rentables », compte tenu de ce contexte financier catastrophique avec des modes de prélèvements plus équitables. Il s’agit aussi de réguler notre système par l’offre de soins et non par la demande. Il refuse de stigmatiser les seuls assurés et plus encore de tourner le dos aux fondements solidaires de notre système social, en imposant des franchises de remboursement au plus grand nombre. La démocratie sanitaire est l’un des grands terreaux de la démocratie citoyenne. La santé pour tous n’a de sens que dans un cadre pleinement citoyen. L’avenir dépendra de notre capacité collective à financer durablement le système de sécurité sociale. Un échange s’ouvre avec la salle. Plusieurs interrogations concernent les retraites et la mise en place du cinquième risque, le financement de la santé, l’organisation et la proximité des soins ainsi que la riposte politique et parlementaire du Parti socialiste. Le problème du vieillissement et du retour inquiétant à la pauvreté de nombreuses personnes âgées est également évoqué. Pascal Terrasse remercie ensuite les participants pour leurs interventions et clôt la réunion. | |
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31-08-2008 |
Santé: plus de pouvoir aux agences régionales et directeurs d'hôpitauxPARIS (AFP) — La "modernisation" du système de santé voulue par le gouvernement passerait notamment par un accroissement des pouvoirs des directeurs d'hôpitaux, une plus grande "coopération" public-privé et la création d'agences régionales définissant la politique de santé (ARS), selon la version non définitive d'un projet de loi obtenue vendredi par l'AFP. "Patron unique", le directeur d'hôpital pourra venir du secteur privé et être recruté "par voie contractuelle", mais le directeur général de la future ARS -- nommé lui par décret en Conseil des ministres -- aura la possibilité de mettre fin à ses fonctions, selon ce texte, intitulé "Patients, Santé et Territoires". Ce projet que devrait défendre devant le Parlement la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, prévoit aussi de lier la rémunération des médecins hospitaliers à leur "activité", une disposition également présente dans le rapport de l'ancien ministre Gérard Larcher qui a inspiré le chapitre consacré aux établissements de santé. Le texte permet la mise sous "administration provisoire" des hôpitaux en "déséquilibre financier" afin d'obtenir leur "redressement" et favorise les regroupements entre hôpitaux autour d'un établissement principal, une autre proposition de M. Larcher. Il donne aussi la possibilité aux cliniques privées à but lucratif d'assurer des "missions de service public" et de participer à des "groupements de coopération sanitaire", un "mode de coopération privilégiée" avec l'hôpital public qui "permet également les coopérations avec les professionnels de santé libéraux ou le secteur médico-social". Dans un chapitre intitulé l'"accès de tous à des soins de qualité", ce texte confirme, en matière de médecine libérale, le rôle d'"acteur pivot" du médecin généraliste. Il prévoit de lutter contre la "discrimination", en renforçant les sanctions à l'égard des praticiens qui refuseraient de soigner un patient sans raison valable. Ces sanctions "pourront faire l'objet d'une publication afin de montrer que le refus de soins est un acte grave". Toujours en matière de médecine libérale, il renforce aussi les sanctions applicables aux médecins refusant une réquisition pour assurer une garde ou une astreinte, dont l'organisation est confiée aux futures ARS. Pour ce faire, l'ARS "pourra mettre en oeuvre des modes de financement alternatifs au paiement à l'acte". La mise en place des ARS pourrait faire l'objet d'ordonnances, selon le projet, une procédure qui permettrait au pouvoir exécutif d'élaborer et de faire adopter directement une partie du texte, sans une discussion au parlement comparable à celle qu'aura lieu pour d'autres articles de la loi. |
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31-08-2008 |



| Sécurité sociale: le gouvernement peaufine un budget 2009 déjà déminé | | PARIS, 31 août 2008 (AFP) | | | Des mesures qui "ne touchent pas les malades" pour renflouer la branche maladie et des transferts de ressources pour soulager la branche vieillesse: le gouvernement s'est employé à déminer le terrain du budget 2009 de la Sécurité sociale, qui sera présenté le 29 septembre. Avec un "plan de redressement" de l'assurance maladie présenté au coeur de l'été et un "rendez-vous 2008" des retraites bouclé en juin, il a déjà largement balisé le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), dont la discussion au Parlement commencera le 28 octobre. Le Premier ministre a fixé l'objectif de retour à l'équilibre à 2011: ce PLFSS n'est qu'une première étape pour réduire un déficit évalué en 2008 à 8,9 milliards d'euros pour l'ensemble des branches du régime général des salariés (pour des recettes d'environ 293 milliards). Il y aura donc en 2009 un nouveau "trou" de la Sécurité sociale, selon l'expression consacrée --et contestée par les syndicats, pour qui ces déficits programmés sont surtout des besoins de financement sciemment non satisfaits. Les "efforts" vont surtout viser l'assurance maladie: son déficit, de 4,1 mds en 2008, se creuserait à 6,9 mds en 2009 en l'absence de mesures, selon la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. Le gouvernement a déminé ce terrain sensible en présentant un "plan de redressement" de 4 mds au coeur de l'été, sans la hausse du "ticket modérateur" (reste à charge des patients) que craignaient syndicats et associations. Après les très impopulaires franchises médicales instaurées en 2008 et les polémiques autour d'une moindre prise en charge par la Sécu de l'optique ou des affections de longue durée (ALD), le ministre du Budget Eric Woerth insiste sur le fait que les mesures retenues "ne touchent pas les malades". Deux milliards d'euros de nouvelles ressources sont annoncés, dont 1 md provenant d'une taxe sur les complémentaires santé. La branche AT-MP (accidents du travail), excédentaire en 2008, devra augmenter d'environ 300 millions son versement à l'assurance maladie. Côté dépenses de santé, le gouvernement table sur 2 mds d'économies, notamment sur les prix des médicaments génériques, les prescriptions, ou encore les transports sanitaires. Dans un contexte de ralentissement économique qui menace les rentrées de cotisations sociales, les professionnels de santé craignent aussi un objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam) minimaliste. Pour la branche vieillesse, dont le déficit devrait s'établir cette année à 5,6 mds d'euros, le PLFSS puisera surtout dans le plan pour l'emploi des seniors déjà présenté. Cumul-emploi retraite plus attractif, hausse de la surcote, suppression des mises à la retraite d'office: elles visent à repousser au maximum l'âge des départs à la retraite. Par ailleurs, de nouvelles dépenses sont prévues avec la revalorisation du minimum vieillesse et des pensions de réversion. Pour le financement de la branche, le gouvernement prévoit essentiellement des transferts de ressources. Les cotisations vieillesse devraient augmenter de 0,3% en 2009, le gouvernement souhaitant une baisse concomitante des cotisations chômage. La branche famille, en excédent en 2008, devrait compenser davantage les avantages familiaux de retraite. C'est également dans le PLFSS que le gouvernement pourrait traduire sa promesse d'apurer la dette de quelque 30 mds EUR accumulée par la Sécurité sociale, en la transférant à la Cades (Caisse d'amortissement de la dette sociale). | |
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29-08-2008 |
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Intéressement: le gouvernement envisage une taxe patronale de 5% Pierre Verdy AFP/Archives ¦ Roselyne Bachelot, ministre de la Santé le 25 juin 2008 à l'assemblée nationale. Une nouvelle taxe patronale? Le gouvernement envisage de taxer les employeurs à hauteur de 5% sur les sommes versées au titre de la participation et de l'intéressement, affirme jeudi le site de « La Tribune». Cela rapporterait «environ un milliard d'euros» pour renflouer la Sécurité sociale, ajoute le journal qui précise que cette taxe entrerait en vigueur dès 2009. Montant à préciser«Au sein du gouvernement, on assure néanmoins que les derniers arbitrages sur le taux ne sont pas encore rendus, "l'assiette n'étant pas encore définitivement calibrée", indique un proche du dossier», ajoutent les auteurs de l'article. Interrogée fin juillet sur le montant de cette nouvelle contribution patronale, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait évoqué une fourchette comprise «entre 3% et 5%» pour ce «forfait social». Les modalités de cette taxation figureront dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, qui sera présenté le 29 septembre. «Ces nouvelles recettes pourront alimenter différentes branches de la Sécurité sociale, mais le gouvernement a déjà préempté en juillet 300 millions d'euros pour la branche assurance-maladie», rappelle le quotidien économique. Les primes d'intéressement et de participation aux bénéfices sont aujourd'hui exonérées de cotisations patronales et salariales, mais déjà soumises à des prélèvements sociaux. Les salariés reversent ainsi 8% de leurs primes sous forme de cotisation sociale généralisée (CSG) et de contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Les experts estiment à plus d'un milliard d'euros le montant ainsi reversé en 2006 à la Sécu. Les salariés sont également taxés sur les gains et plus-values réalisés sur le placement de leur épargne salariale, à hauteur de 11% (dont CSG et CRDS). Pour les employeurs, ces primes sont, jusqu'à présent, totalement exonérées. Pierre Verdy AFP/Archives ¦ Roselyne Bachelot, ministre de la Santé le 25 juin 2008 à l'assemblée nationale. |
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25-08-2008 |


| Le projet de budget de la Sécu (PLFSS) présenté le 29 septembre (Woerth) | | PARIS, 25 août 2008 (AFP) | | | Le gouvernement présentera le 29 septembre son projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, quelques jours après la présentation de celui de l'Etat, a précisé lundi le ministre du Budget Eric Woerth sur Europe 1. "Le 29 septembre, nous présenterons le projet de loi sur le financement de la sécurité sociale" (PLFSS), quelques jours après celui de l'Etat prévu le 24 septembre, a déclaré M. Woerth. Les économies attendues en matière d'assurance maladie tourneront "probablement aux alentours de 4 milliards d'euros", a rappelé le ministre qui a souligné qu'il s'agirait de mesures "qui ne touchent pas les malades". "Je le dis parce que les polémiques vont très vite là-dessus", a-t-il ajouté. Le plan "de redressement" de l'assurance maladie présenté fin juillet et qui doit être inscrit dans le PLFSS comprend notamment une taxation d'un milliard d'euros des assurances santé privées et des mutuelles. Il prévoit aussi une baisse du prix de certains médicaments génériques, de certains actes de radiologie et d'analyses médicales et une baisse des prescriptions de transports sanitaires et d'arrêts maladies | |
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22-08-2008 |
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Sur le site de l’Humanité (dans le Fil Rouge) Voir directement sur http://www.humanite.fr/Ensemble-pour-une-sante-solidaire,881681 |
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14-08-2008 |
Sécu : les ménages financent plus, les employeurs moinsUne étude de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a révélé que les ménages financent dorénavant 40% de la protection sociale contre 36% pour les entreprises. Depuis 1990, la part de contribution des ménages s’est accrue de 9% contrairement à celle des employeurs en baisse de 8% puisque ces derniers bénéficient d’exonérations de charges patronales. Cette évolution du mode de financement de la sécurité sociale « s’explique essentiellement par la création et la montée en charge de la CSG (contribution sociale généralisée), assise sur une assiette plus large que celle des cotisations sociales. La baisse relative de la contribution des entreprises s’explique par le développement à la même période des exonérations de charges patronales », précise la Drees dans une étude parue début août. La contribution des différents financeurs (ménages, entreprises ou employeurs publics) s’est donc progressivement modifiée. « Jusqu’au début des années 1990, la protection sociale était financée à hauteur de 80 % par des cotisations sociales (patronales et salariales). Le financement répondait ainsi à une logique selon laquelle les prestations correspondent au remplacement des revenus d’activité ou à leur prolongement, revenus sur lesquels les prélèvements sociaux sont alors assis ». Les impôts et les taxes finançaient 3,5% de la sécurité sociale alors qu’ils représentent actuellement 21,2%. En contrepartie, le poids des cotisations sociales a diminué pour atteindre 66 % en 2006. Le financement des risques maladie, maternité, invalidité et famille a ainsi été profondément modifié par la création de la CSG dont le taux est passé de 1,1% à 7,5% en l’espace de 15 ans. "C’est pour la maladie que les ménages contribuent le plus au financement : 55% des ressources de ce risque proviennent de prélèvements sur les ménages, quand 35% proviennent des entreprises et 10% des administrations publiques » dont la part financée « correspond essentiellement aux cotisations patronales versées dans leur fonction d’employeur », souligne l’étude de la Drees. La vieillesse et la maternité sont, elles-aussi, principalement financées par les ménages (respectivement 41% et 49% des coûts). « D’une manière générale, c’est la progression des impôts et taxes affectés dans le financement de la protection sociale, par la CSG, mais aussi par la compensation des exonérations de charges via un transfert de recettes fiscales, qui explique la plus forte contribution des ménages entre 1990 et 2006 pour la quasi-totalité des risques », conclut la Drees. Dans une autre étude, la Drees indique que la part dans le PIB de ces ressources consacrées à la protection sociale, a progressé sans toutefois réussir à couvrir les dépenses. Solenne Legeay pour humanite.fr |
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12-08-2008 |
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Politique / social - économie Bachelot veut faire payer les mutuellesSécu . Pour juguler le déficit de l’assurance maladie, le gouvernement envisage de transférer une partie des dépenses vers les complémentaires, ouvrant la voie à une privatisation de la santé. Malgré l’instauration des franchises médicales et les déremboursements de médicaments, la Sécu est encore dans le rouge. En 2007, le déficit de l’assurance maladie a atteint 9,5 milliards d’euros - et même 10,5 milliards d’euros selon la Cour des comptes - et les dépenses ont encore augmenté de 3,5 % au premier semestre 2008. Une situation critique qui a poussé le gouvernement à élaborer un énième plan d’économies qui doit être présenté aujourd’hui. Objectif : économiser 3 milliards d’euros pour revenir à l’équilibre en 2011. Après le tollé provoqué en juin dernier par l’idée de réduire le remboursement des médicaments dits de confort des patients en affections longue durée (ALD), le gouvernement semble décidé à ne pas ponctionner immédiatement et davantage les assurés sociaux. Selon le Figaro, le gouvernement aurait ainsi renoncé à une hausse du ticket modérateur de 1 à 2 points (part qui reste à la charge de l’assuré après remboursement) pour privilégier une taxe sur les mutuelles et les assurances complémentaires. L’idée serait d’assujettir ces complémentaires sur leur chiffre d’affaires, ce qui permettrait de rapporter entre 600 millions et un milliard d’euros. La ministre de la Santé a en effet plusieurs fois souligné que, depuis quatre ans, les complémentaires santé avaient relevé leurs cotisations et augmenté leurs bénéfices. « Une bonne santé qui contraste avec les difficultés de l’assurance maladie », avait-elle déclaré, osant préciser : « Alors que les Français ont déjà supporté un euro par consultation et les nouvelles franchises médicales, le gouvernement a jugé plus sage de ne pas en rajouter en baissant les remboursements Sécu. Cela aurait représenté un vrai problème d’accès aux soins pour les 8 % de Français qui n’ont pas de complémentaires santé. » C’est oublier que les mutuelles risquent d’en profiter pour relever leurs tarifs de cotisation. Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a calculé que, dans l’hypothèse d’un transfert de 3 milliards d’euros de dépenses vers les complémentaires, ces dernières augmenteraient leurs tarifs « de 12 à 16 %, soit 130 à plus de 185 euros par an et par ménage ». D’autres pistes, proposées par le directeur de l’assurance maladie, sont envisageables : des économies sur les prescriptions de transports sanitaires, sur les arrêts maladie, une limitation des médicaments plus récents et plus chers et même le « développement de la productivité dans les hôpitaux ». Mais comme l’ont déjà souligné les professionnels de santé et les usagers, la recherche continuelle de la baisse des dépenses ne peut suffire. « Les économies et la lutte contre les abus et les fraudes sont des conditions nécessaires mais non suffisantes d’un retour à l’équilibre des comptes. Il faut d’autres recettes », estime le Syndicat des médecins libéraux (SML). Même le très libéral syndicat de médecins CSMF estime qu’on « ne pourra pas continuer à diminuer éternellement les dépenses. Il faut faire des - économies, mais il faut aussi accepter de mettre de l’argent au pot ». Comme assujettir les stock-options par exemple. Alexandra Chaignon |
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